Philippe Cohen & Sylvain Lapoix - Marianne2 | Vendredi 09 Octobre 2009

C'est officiel: Frédéric Mitterrand s'avère être un vrai boulet. Après ses écrits sur le tourisme sexuel, on découvre que, lorsqu'il était directeur de la Villa Médicis, il s'est fendu d'un témoignage de moralité plus une promesse d'embauche à l'Académie de France à Rome… pour deux mineurs poursuivis pour le viol d'une jeune fille de 16 ans.

La une du Quotidien de la Réunion du 9 octobre 2009.

La une du Quotidien de la Réunion du 9 octobre 2009.

 

Décidément, ce n'est pas une bonne semaine pour Frédéric Mitterrand. L'affaire a fait   la une du Quotidien de la Réunion de ce jour : Frédéric Mitterrand a effectué, en mars dernier, un témoignage de moralité pour défendre deux mineurs, dont son filleul, fils d'un couple d'amis, dans une affaire de viol collectif. La victime, une jeune fille de 16 ans,  a été violée par plusieurs jeunes sous la menace d'un couteau. Une affaire qui a déjà été jugée mais qui revient en appel à la fin du mois d'octobre.

Certes, Frédéric Mitterrand n'est évidemment pour rien dans le crime commis par ces deux garçons. Mais il vient au secours de ces deux mineurs violeurs en écrivant son témoignage sur du papier à entête de la Villa Médicis — où il officiait —  alors qu'il n'agit là qu'en tant que personne privée. En outre, dans son témoignage écrit, le ministre, qui ne l'était pas à ce moment-là, engage l'organisme dont il avait la charge - la Villa Médicis - dans un soutien aux deux jeunes criminels puisqu'il propose de leur organiser des stages sur mesure en vue de faciliter leur réinsertion : « En tant que directeur de l'Académie de France à Rome, je m'engage personnellement à faciliter toute mesure de réinsertion. »


La double page du Quotidien de la Réunion du vendredi 9 octobre 2009.

La double page du Quotidien de la Réunion du vendredi 9 octobre 2009.


Dans le même texte, il précise : « Je dispose d'un certain nombre de contrats qui pourraient être mis à profit. » Là encore, l'usage de la première personne est peu approprié et traduit une conception très particulière des usages républicains : est-ce la vocation de la Villa Médicis que d'aider à la réinsertion de mineurs violeurs de l'Ile de la Réunion ? En l'occurrence le fonctionnaire Mitterrand utilise à son profit personnel la responsabilité que l'Etat lui a confiée. Le correspondant à Paris du Quotidien de la Réunion a tenté - vainement - de faire réagir le Ministère de la Culture sur le sujet. Comme au début de la semaine, le Ministre choisit la politique de l'autruche...La lettre publiée par le Quotidien de la Réunion dans son édition du vendredi 9 octobre 2009.

 

La lettre publiée par le Quotidien de la Réunion dans son édition du vendredi 9 octobre 2009.

 

Y aura-t-il une suite à cette nouvelle affaire Mitterrand ? Sans doute pas. D'abord parce qu'après s'être censurés sur la polémique Le Pen-Mitterrand, les médias ont saturé leur public avec ce qui est devenu l'«affaire» : depuis jeudi, radios, télévisions et presse écrite ne parlent plus que de cela. Ensuite parce que même s'il s'agit encore de sexualité, l'attitude de l'ancien directeur de la Villa Médicis est surtout condamnable du point de vue des usages républicains. Et on sait bien qu'en la matière, le sarkozysme n'en est pas à un écart près.


 

Mise à jour - 9 octobre 2009 à 18 heures

Contacté par Marianne2.fr, le ministère de la Culture ne nous a pas encore répondu sur cette question.


Source: Marianne2

 


Mon commentaire:

Avant de me joindre à une foule réclamant justice contre une pédophilie non encore prouvée, dans la foulée de Marine Le Pen, ces derniers jours, sur la foi de lignes écrites dans un roman qui ne se revendiquait  pas autobiographique, j'ai choisi, avant de prendre position, dans des conversations diverses,  d'attendre des preuves incontestables de pédophilie puisque c'était l'accusation lancée, propagée.

... Si les preuves alignées ci dessus ne sont pas  en lien avec une pédophilie avérée, elle démontrent toutefois  le détournement pour un usage personnel ou "clanique" d'une position, de charges et de pouvoirs  qui lui ont été attribués.

Monsieur Mitterrand doit se démettre , et la justice de la République  faire son travail s'il y a lieu...