Ségolène Royal a confirmé vendredi son intention de distribuer des "chèques contraception" dans une centaine de lycées de la région Poitou-Charentes qu'elle préside, malgré l'opposition du ministre de l'Education. Lire la suite l'article

ROYAL DÉFIE LE GOUVERNEMENT SUR LA

L'initiative de la dirigeante socialiste a été en revanche accueillie favorablement par le Mouvement du Planning familial.

"Utiliser les acteurs locaux que sont l'Education nationale, les collectivités locales pour développer l'information et l'accès à la contraception (...) me semble une initiative intéressante", a déclaré sa secrétaire générale, Marie-Pierre Martinet, sur France Info.

A Poitiers, Ségolène Royal a apporté en personne vendredi devant un lycée professionnel un premier colis contenant le carnet de tickets.

D'un montant total de 82 euros, ils donneront droit à une consultation médicale, des analyses, un traitement contraceptif pour six mois et une visite de contrôle.

L'opération est financée à hauteur de 300.000 euros par le conseil régional.

Ségolène Royal a demandé aux infirmières scolaires, qui sont sous la tutelle du ministère de l'Education, de distribuer ces "chèques contraception" à partir de lundi Pour passer outre l'interdiction de Luc Chatel, les 1.400 colis seront adressés au domicile des infirmières scolaires.

"Je mets au défi M. Chatel d'interdire aux infirmières scolaires (...) la distribution de ces carnets de tickets", a déclaré Ségolène Royal aux journalistes.

BOUTIN ACCUSE CERTAINES MINEURES

"La détresse et le drame humain que représentent les avortements sur les jeunes filles méritent une action courageuse", a-t-elle ajouté.

Selon les chiffres du conseil régional, 455 mineures de Poitou-Charentes sont tombées enceintes en 2007 mais moins de 40% des grossesses ont été menées à terme.

Le ministre de l'Education nationale a dénoncé le projet de la dirigeante socialiste. "Nous n'avons pas à prescrire de la contraception, c'est un acte qui est réservé au Planning familial", a fait valoir Luc Chatel.

Marie-Pierre Martinet a répondu sur France Info que "les infirmières ne se substituent pas, elles assurent un rôle de relais, on est plutôt en train de travailler ensemble".

A droite, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre a jugé que l'idée de Ségolène Royal n'était "pas applicable" et Christine Boutin a dénoncé une "provocation".

"C'est pour moi une démagogie clientéliste", a fait valoir l'ex-ministre du Logement, présidente du Forum des républicains sociaux. Pour elle, les grossesses précoces ne sont "pas uniquement" le résultat d'un "accident" pour les jeunes filles.

"Dans les familles très déshéritées, dans le Nord ou en Mayenne par exemple, elles se font mettre enceinte pour avoir une allocation de parent isolé et prendre leur distance avec leurs parents", a-t-elle expliqué.

En revanche, la secrétaire d'Etat chargée de la Famille, Nadine Morano, a dit qu'elle pouvait se "retrouver" sur le fond avec Ségolène Royal.

"Je peux partager la préoccupation qui est de lutter contre les grossesses précoces et contre le nombre d'IVG" en hausse chez les mineures, a-t-elle déclaré dans l'émission "Le talk Orange-Le Figaro".

Sur la forme, Nadine Morano a dénoncé une "opération de communication" de l'ancienne candidate à l'Elysée. "Elle 'royalise' ce qui existe déjà, mais chez elle c'est une habitude", a-t-elle déploré.

Laure Bretton, édité par Yves Clarisse (yahoo)